A travers la Cordillère des Andes Bolivie Potosi

A travers la Cordillère des Andes – #8 : premier jour en route vers le désert de sel d’Uyuni (Bolivie)

Nous avons quitté San Pedro de Atacama (Chili) très tôt un matin pour commencer une nouvelle aventure extraordinaire de trois jours en Bolivie, dans la Réserve Nationale de Faune Andine Eduardo Avaroa, dans l’état de Potosi. Une aventure qui nous conduira vers l’un des moments les plus magiques de notre voyage : la découverte du désert de sel d’Uyuni !

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UNE AVENTURE DE 3 JOURS A 4000 MÈTRES D’ALTITUDE

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Nous avons ainsi passé trois jours en plein désert à plus de 4 000 mètres d’altitude, et chacun de ces jours a été marqué par de très belles découvertes : des lagunes colorées, des sources d’eau chaude, des geysers, d’étranges formations rocheuses, des volcans, des déserts de sel, des flamants roses (beaucoup de flamants roses !), des cactus, bref une succession de paysages incroyablement variés !

LA BOLIVIE : UN PAYS MAGNIFIQUE, DES CONDITIONS DIFFICILES

La Bolivie était la partie difficile de notre voyage. Nous le savions dès le départ et cela n’a pas été plus dur que ce que nous pensions.

Lorsque nous nous sommes inscrits à cette excursion à San Pedro et que nous avons posé des questions sur les conditions d’hébergement, la personne de l’agence de voyage (une Française) nous avait bien prévenus : “Je ne vais pas vous mentir. La Bolivie c’est très basique. Y’a rien !”  J’entends encore sa voix. Au moins nous savions à quoi nous attendre !

Nous nous sommes rapidement rendus compte que c’était très basique effectivement. Mais nous étions tellement fascinés par les paysages que nous étions en train de découvrir que le froid, l’altitude, les conditions basiques d’hébergement n’avaient plus d’importance. Nous étions sur un petit nuage ! Et au final, ce n’était pas si dur non plus. Nous avons passé beaucoup de temps dans la jeep et cela n’avait rien à voir avec un trekking dans l’Himalaya…

Ce sont les jours qui ont suivi ce tour qui ont été les plus difficiles, mais nous y viendrons plus tard…

PASSAGE DE LA FRONTIÈRE CHILI – BOLIVIE

Après quatre jours très agréables dans notre petite chambre cozy de San Pedro, nous avons donc quitté le Chili. Nous avons tout d’abord été conduits à la frontière chilienne pour que nos passeports soient tamponnés puis, une demie heure plus tard, nous avons atteint la frontière bolivienne pour procéder à la même opération côté bolivien (pourquoi les deux frontières étaient situées à une demie heure l’une de l’autre, je ne l’ai jamais vraiment bien compris mais passons…).

ET ENSUITE NOUS AVONS FAIT LA CONNAISSANCE D’EDGAR

_DSC4118Edgar sera une personne très importante pour nous durant les trois prochains jours ! Il sera notre chauffeur, notre guide, notre cuisinier, notre photographe, il s’assurera de notre sécurité : il sera comme un parent pour nous. Edgar n’était pas très bavard et avait des goûts musicaux particuliers. Nous aimions bien Edgar. Cela fait plus de vingt ans qu’il traverse le désert et il connait le chemin comme sa poche. Nous étions bien contents d’avoir un chauffeur si expérimenté car nous avons rencontré par la suite des voyageurs qui n’ont pas eu cette chance.

Nous sommes donc montés dans sa jeep. Nous étions six : un couple de franco-suisses, un couple de Suisses Allemands, mon compagnon de voyage mexicain préféré, et votre petite Frenchie.

Voici à quoi a ressemblé notre premier jour. Je n’arrive toujours pas à croire que nous avons vu tout ça en une seule journée… C’est parti.

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LA LAGUNA BLANCA : NOTRE PREMIÈRE IMAGE DE LA BOLIVIE

Juste après avoir traversé la frontière bolivienne, nous sommes arrivés à cet endroit féerique : la Lagune Blanche, située à 4 350 mètres d’altitude. Edgar nous a appris que la couleur de l’eau si particulière était causée par une forte concentration en minéraux.

Je n’avais jamais rien vu d’aussi beau. Il faisait encore très froid et une partie de la lagune était gelée. Les doux rayons de soleil étaient à l’œuvre pour la faire fondre. D’adorables petits oiseaux étaient en train de marcher sur la glace. Il n’y avait pas un seul nuage dans le ciel.

Voici notre première image de la Bolivie. Le reste du voyage a été une succession de paysages plus magiques les uns que les autres.

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SE DEMANDER DE QUELLE COULEUR EST LA LAGUNA VERDE

Edgar nous a ensuite conduits à la Lagune Verte, qui, de toute évidence, n’était pas verte ce jour-là mais plutôt bleue. Nous avons appris que la couleur de la lagune venait des minéraux contenus dans l’eau et qu’elle pouvait varier du turquoise au bleu foncé en fonction du vent.

Quelle que soit sa couleur, la lagune était magnifique. Nous avons reconnu en arrière-plan le magnifique volcan Licancabur avec son cône parfait, que nous avions déjà vu depuis notre hôtel au Chili. Cette fois nous nous trouvions de l’autre côté.

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Ces étranges petites tours de pierres seraient des offrandes pour les dieux.

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ADMIRER LA MONTAGNE AUX SEPT COULEURS

Alors que nous étions en route vers les sources d’eau chaude de Polques, nous n’avons pas pu nous empêcher de demander à Edgar de s’arrêter pour prendre des photos. Nous nous sentions coupés du monde, à des milliers de kilomètres de notre vie de tous les jours. Nous nous trouvions dans une petite jeep, au milieu du désert, et nous regardions défiler des paysages magnifiques à travers la vitre. Nous étions comme des enfants dans un magasin de jouets.

Là où nous allions, il n’y avait pas de route. Nous suivions une piste poussiéreuse. Mais Edgar, lui, il savait parfaitement où il devait aller.

Je n’avais jamais été dans un désert auparavant et je n’avais pas du tout anticipé la poussière ! Lorsque nous doublions une autre jeep par exemple, nous traversions un épais nuage de poussière. On ne voyait alors plus rien et heureusement que les fenêtres étaient fermées car sinon nous aurions avalé de la poussière.

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SE BAIGNER DANS LES SOURCES D’EAU CHAUDE DE POLQUES

Nous sommes ensuite arrivés aux sources d’eau chaude de Polques, un autre endroit enchanteur. Il était 10h00 du matin. Nous étions à 4 400 mètres d’altitude. La température de l’air était négative. Et nous avons pris un bain thermal dans une eau à 30°C. Pas mal !

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SE DEMANDER SI ON VIENT D’ATTERRIR SUR MARS

Lorsque nous avons atteint notre prochain arrêt, nous avons eu l’impression d’avoir atterri sur la planète Mars ! La roche était rouge foncé et le sol était couvert de boue bouillonnante. Il régnait une odeur très désagréable de soufre. Nous venions d’arriver au geyser Sol de Mañana, à une altitude de 4 900 mètres !

Sans nous en apercevoir, nous venions d’atteindre le point le plus haut en altitude de notre aventure. C’est à la fin du voyage qu’Edgar nous a dit que nous avions été si haut. Il nous a également dit qu’il ne faut pas penser à l’altitude pour ne pas être affecté par le mal de l’altitude…

Nous avons fait le tour de ce champs géothermique, nous avons pris quelques photos et nous sommes repartis à bord de la jeep, vers notre destination finale pour cette première journée.

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S’ÉMERVEILLER DEVANT LA LAGUNA COLORADA

Nous avons ensuite atteint la magnifique Lagune Colorée, où nous allions passer la nuit dans un refuge à  4 300 mètres d’altitude ! Nous n’avions jamais rien vu de tel ! L’eau de la lagune était rouge ! Apparemment cette couleur est naturelle. Elle due aux sédiments et aux algues présentes dans l’eau. Il y avait des centaines de flamants roses ! Nous avons laissé nos sacs au refuge, bu un thé et nous sommes partis nous balader autour de cette incroyable lagune.

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Lorsque nous avons monté cette petite “colline” pour avoir une vue d’ensemble sur la lagune, nous nous sommes rendu compte que nous n’avions pas notre condition physique habituelle. Nous devions faire des pauses toutes les deux minutes à cause de l’altitude pour reprendre notre souffle.

Au fur et à mesure que se couchait le soleil, la lagune changeait de couleur. Elle est passée de rouge vif au violet puis au bleu et enfin au rose.

Nous sommes restés un moment au sommet de la colline à contempler la magie de cette lagune. Nous n’avions pas de mots pour décrire ce que vous étions en train de voir.

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PASSER UNE NUIT A 4 300 MÈTRES D’ALTITUDE

Puis a commencé la partie difficile de cette première journée… Passer la nuit à 4 300 mètres d’altitude… Tous les six dans la même pièce…

FAIRE FACE AU FROID…

Tout d’abord il faisait froid. Très froid. Comme nous l’avait dit la Française de l’agence de voyage, les conditions d’hébergement étaient effectivement très basiques. Il n’y avait pas de chauffage et la température était bien inférieure à 0°C (je n’ai pas osé demander à combien nous étions exactement…). Il n’y avait évidemment pas d’eau chaude.

Heureusement, nous étions bien préparés et nous avions des sacs de couchage pour le grand froid. Les personnes du refuge nous ont également prêté des couverture d’alpaga – à l’odeur quelque peu douteuse mais on était bien contents de les avoir ! Je me suis donc glissée dans mon sac de couchage, avec tous les vêtements que j’avais sur le dos, couverte par cinq couvertures d’alpaga. Au bout de quelques minutes, cela n’allait pas trop mal. Seuls le bout de mon nez et mes pieds étaient gelés.

… ET AU MANQUE D’OXYGÈNE

Mais c’est alors qu’est apparu le second problème… J’avais du mal à respirer. Je me souviens que j’étais essoufflée lorsque je me tournais dans le lit et que mon cœur battait très vite. J’ai donc essayé de ne pas bouger, de me concentrer sur ma respiration et j’ai réussi à somnoler. Nous avons appris que lorsque l’on passe une nuit à une altitude si élevée – ce qui n’est pas naturel pour le corps humain – on dort d’un sommeil léger et on se réveille souvent, comme lorsque l’on souffre d’apnée du sommeil.

Donc je ne pense pas avoir beaucoup dormi cette nuit-là mais j’ai essayé de me détendre, de penser aux incroyables paysages que j’avais vus ce jour-là et de me rappeler que visiter ces endroits extraordinaires cela se mérite. Quoi qu’il arrive, le soleil brillerait le lendemain.

Infos pratiques

Bien choisir son agence de voyage

Pour ce genre d’excursion, il faut faire attention à bien choisir son agence. En effet, vous allez passer trois jours en plein milieu du désert ! Mieux vaut avoir affaire à un chauffeur expérimenté qui connaît le chemin comme sa poche et qui ne prendra pas de risques inutiles.

Nous avons eu de la chance car nous ne nous étions pas particulièrement renseignés à l’avance sur les différentes agences et tout s’est bien passé avec Edgar.

Je peux donc conseiller l’agence avec laquelle nous avons fait cette excursion: Expediciones Collca.

Vais-je souffrir du mal d’altitude ?

J’avais peur que cette partie du voyage soit un véritable enfer mais au final, ce n’était pas aussi dur que je l’avais pensé – j’avais surtout froid (mais le froid reste gérable). Seule la première nuit a été difficile. Si l’on ne pense pas trop à l’altitude, on n’est pas trop affecté. Mais les voyageurs ne sont pas égaux devant le mal de l’altitude. Cette nuit si difficile pour nous a été une nuit tout à fait normale pour certains de nos amis !

A ne pas oublier dans son backpack

Prenez un sac de couchage pour températures extrêmes. Il est vrai que cela prend de la place dans le sac à dos mais personnellement j’étais très contente d’avoir le mien, en particulier pour la première nuit. Vous pouvez également apporter une bouillotte pour la première nuit (on vous donnera de l’eau chaude). Pensez à prendre un jeu de cartes. Le soleil se couche tôt et il n’y aura pas d’autre distraction le soir.

 

Pour aller plus loin 

  • Prochain arrêt : notre 2e jour en Bolivie. Cliquez ici pour lire l’article.
  • Tous les articles sur ce pays : cliquez ici pour afficher tous les articles sur la Bolivie.
  • Tous les articles sur ce voyage : cliquez ici pour afficher tous les articles sur ce voyage à travers la Cordillère des Andes (Chili – Bolivie – Pérou).
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2 Comments

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    […] 8) PREMIER JOUR EN ROUTE VERS LE DÉSERT DE SEL D’UYUNI, BOLIVIE […]

  • Reply A travers la Cordillère des Andes - #7 : les lagunes du désert de sel d’Atacama (Chili) - La petite valise d'Aurélie 19 février 2016 at 20 h 02 min

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